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bernossi harira

  Je voudrais avant de commencer mon sujet, évoquer dans un premier temps mes recherches entamées il y a maintenant une dizaine d'années sur le culinaire ou la nourriture dans les récits de voyageurs occidentaux ayant visité le Maroc ou les pays arabes et l'Amérique depuis les croisades jusqu'à nos jours. Comme on peut le deviner, la nature du corpus a orienté mes problématiques vers ce que j'appelle l'interculturel culinaire qui peut être compris de deux façons: soit l'étude des réactions des voyageurs devant les phénomènes culinaires, soit l'étude comparative des plats dans deux ou plusieurs cultures différentes, ce qui fera l'objet de la partie principale de la présente contribution. Dans ces recherches, il ne s'agissait pas seulement de se fixer sur un quelconque phénomène culinaire pour l'étudier comme révélateur d'une économie politique ou d'un champ symbolique avec ses règles, ses contraintes et ses codes. Il s'agissait surtout...

Ibn Masarra and the Beginnings of Mystical Thought in al-Andalus*

  Ibn Masarra and the Beginnings of Mystical Thought in al-Andalus*   Some of the crucial stages in the development of both Jewish and Christian mysticism have taken place in the Iberian peninsula. Suffice it to mention the Zohar on the one hand, Teresa of Avila and John of the Cross on the other. That the emergence and development of mystical systems of both religions in Spain justifies a comparative study seems almost obvious. But no such study would be complete - in fact, no such study would be likely to offer a balanced or correct historical insight - without it including also Muslim Andalusian mysticism. Miguel Asín Palacios has forcefully argued for the relationship between Christian and Islamic mystics. Asín saw the roots of the Carmelite renunciation of carismata in the teaching of the Muslim mystic Ibn 'Abbad of al-Rondā (d. 1389)1. Asín was also sensitive to Jewish-Muslim connections, but he did not dwell on their existence in the domain of mysticism, but rather ...

CHAPITRE PREMIER

  CHAPITRE PREMIER LOGIQUE, DIALECTIQUE, PHILOSOPHIE ET RHÉTORIQUE Dans son aide-mémoire consacré à l'ancienne rhétorique, Roland Barthes observe avec raison que « la rhétorique doit toujours être lue dans le jeu structural de ses voisines (Grammaire, Logique, Poétique, Philosophie) > 1. J'ajouterais, pour ma part que, pour bien situer la rhétorique et mieux la définir, il faut également préciser ses rapports avec la dialectique. Aristote a distingué, dans son Organon, deux espèces de raisonnements, des raisonnements analytiques et des raisonnements dialectiques. L'étude qu'il a entreprise de ceux-là dans les Premiers et Seconds Analytiques, lui a valu d'être considére, dans l'histoire de la philosophie, comme le père de la logique formelle. Mais les logiciens modernes ont perdu de vue, parce qu'ils n'en avaient pas perçu l'importance, qu'il avait étudie les raisonnements dialectiques dans les Topiques, la Rhétorique ! les Réfutations ...

AVANT-ROPOS 222

  AVANT-ROPOS L'honnête homme du xxe siècle, pour qui le mot «rhétorique » évoque des paroles vides et fleuries, des figures aux noms étranges et incompréhensibles, pourrait se demander, non sans raison, pourquoi un philosophe, surtout un logicien, éprouve le besoin d'associer argumentation et rhétorique. Il y a un siècle, en France, celle-ci était enseignée dans la classe qui porte son nom, mais elle a été depuis éliminée des programmes, parce que dépourvue de valeur éducative. Personnellement, mon bref contact avec la rhétorique, il y a près de cinquante ans, - car à cette époque son enseignement était encore obligatoire en Belgique -, a consisté en l'étude d'un petit manuel qui mêlait l'étude du syllogisme à celle des figures de style. Lors de mes études de philosophie, personne ne m'a parlé de rhétorique autrement qu'en termes péjoratifs, et je savais que, dans plusieurs de ses dialogues, Platon attaquait les sophistes et les maîtres de rhétorique, parce...